Atelier de Pierrette Labonté  
La Joie de l'Aquarelle dans Lanaudière
 

23 et 24 avril 2005
Deux jours d'aquarelle
avec Pierrette Labonté
 

Résumé par Madeleine Dontigny

 

Les techniques orientales sur papier japonais avec encre de Chine et aquarelle

De

Pierrette Labonté, SCA

 

 

Papier « Unryu » japonais fait de mûrier et de bambou. (pas de thaïlandais : moins de qualité et déchire facilement).

Tout le matériel habituel d’aquarelle.

Planche d’aquarelle.

Magasin :     Au papier japonais

24, Fairmount ouest,

Montréal

Papier à aquarelle, 140 livres, hot press 1 ou 2 feuilles.

Encre de Chine noire et blanche (absolument indélébile).

Pinceaux :

o       # 10 ou12 pour l’encre de Chine ou autres vieux pinceaux : bien l’étiqueter afin de le consacrer seulement à l’encre de Chine.

o       2 pouces, à soie douce ou poils souples pour étendre la colle.

o       autres pinceaux à votre goût pour les pigments d’aquarelle.

Gomme arabique et gomme réserve : JAMAIS dans ce domaine.

Plat blanc en porcelaine de différentes formes, environ 9 cm ou 3 po. en longueur x 3 cm ou 1 po de hauteur.

Un morceau de feutrine blanc ou vieille serviette blanche (16 x 20 po.) afin de bien reconnaître ces teintes et aussi cela laisse passer l’air.

Plexiglas (16 x 20 x 1/8 po) pour appliquer la pâte et de  permettre aux pigments d’adhérer au papier d’aquarelle.

Miroir.

Acétates :

  • rouge
  • transparente ( The acetate alternative, Dura-Lar TM, wet media film medium weight).

Accessoires pour fabriquer la pâte ou la colle ( tasse à mesurer, cuillère à soupe, fécule de maïs, eau du robinet et eau très bouillante, petit plat genre margarine avec couvercle).

Travail sur le sec, à l’occasion sur le ½ humide.

Travail en négatif à l’occasion et conserver des blancs.

Aucune référence en photo afin de permettre plus de créativité et de laisser parler le papier à différentes images sans nécessairement que ce soit une réalité.

 

 

 

1ère étape : (Samedi)

 

Prendre son papier japonais afin de couper le morceau selon la grandeur désirée.

Avec un pinceau humide, mouiller le papier sur toute sa longueur; déposer votre pinceau si tout est en parfaite humidité sur le papier Unryu, il sera facile de tirer la partie que l’on veut obtenir.

Ce papier se sépare avec une dentelle; il arrive que certaines fibres soient très fortes et se couperont avec un ciseau ou autres objets comme l’exacto.

Lors de l’encadrement, il est possible de voir cette dentelle ou tout simplement de la camoufler par le passe-partout.

Ce type de papier nous laisse voir un envers et un endroit :

o       Envers : c’est un côté lisse

o       Endroit : on ressent la fibre c’est à dire l’inégalité de la surface du papier, un peu rugueux. 

 

C’est sur ce côté de la fibre que l’on dépose les jets d’encre de Chine noire. Quand ces derniers sont bien séchés, il est possible d’étendre les pigments d’aquarelle préparés d’avance ( 2 à 3 teintes pour débuter) sans s’occuper de vouloir obtenir nécessairement une forme.

Selon cette technique, le gestuel doit suivre le sens des aiguilles de l’horloge; chez le peuple japonais, cela devient un rituel.

 

Préparer dans le petit plat de porcelaine une quantité d’encre noire pure pour débuter. N’oublier pas d’identifier ce pinceau pour ne pas gaspiller les pigments d’aquarelle avec un résidu d’encre entre le métal et les poils du pinceau.

 

Déposer le papier « Unryu » sur le feutre blanc ou la vieille serviette.

 

Gorger le papier japonais avec l’encre du foncé au pâle en donnant différentes formes de lignes ou de petites masses. Bien conserver des espaces blancs. Avec l’eau, secouer le pinceau ou étirer l’encre du foncé au pâle. Attention, l’encre de Chine noire est là pour toujours (vêtements, meubles ou peut-être votre voisin…! Oust!) Ce papier a une limite d’absorption, alors tout va s’éparpiller.

 

Laisser sécher avant d’ajouter les pigments d’aquarelle préparés durant le séchage de l’encre noire.

 

Les fibres vont parler, vous inspirer… Regarder ce papier au miroir. Ce geste du miroir devra vous inspirer une forme afin de lui donner vie avec les teintes du noir au gris pâle. Laisser et conserver des blancs. Par la suite, imaginer les teintes de couleur ici et là, pour donner une ou des valeurs

 

2ième étape :

 

Travail d’essai sur le papier japonais.

Couper 3 petits morceaux pour exploiter des formes de la nature.

Le premier froissez-le à certains endroits de votre choix comme pour faire des pétales de fleurs; le deuxième pliez-le en ligne verticale comme pour dessiner des arbres et le troisième froissez-le entièrement comme pour voir le relief. Il faut donner une impression dans le dessin. Pour des détails particuliers, le papier doit être sec. (Fenêtres,…)

Avec l’encre de Chine noire, déposez-la sur les pointes élevées du papier en faisant du frottis seulement; par la suite, observez bien les endroits que vous devez ombrager du foncé au pâle en ajoutant de l’eau au pinceau ou rendre votre encre grisonnant. Ayez toujours en tête de conserver des blancs. Trop d’eau peu déchirer le papier.

 

Le gris de l’encre de Chine noire vous permettra de remplir des blancs afin de démontrer les profondeurs ou le volume des choses à voir. Encore une fois : conserver des blancs.

 

Selon la forme (bosses et creux), cela peut nous conduire entre les masses; à faire le contour des fibres à certains endroits… garder des blancs.

 

En-dessous du papier japonais, utiliser un papier blanc pour évaluer le dessin en formation comme roches, personnages ou autres. Regarder aussi l’envers du papier japonais car parfois les formes sont plus explicites.

 

Si vous utilisez de l’encre de Chine blanche pour donner une valeur plus grande, faites-le ainsi :

Mouiller très bien une éponge, bien l’essorer et tapoter le blanc de l’encre sur le papier de façon douce.

 

Quand le tout est séché, il est possible d’ajouter les couleurs des pigments d’aquarelle pour arriver avec plus de valeur à l’objet qui se modèle sous nos yeux. Laisser des blancs et regarder souvent votre papier à quelques pieds du miroir.

 

Les blancs permettent de diriger les couleurs et mouiller selon le besoin comme pour travailler sur le papier sec.

 

Dans le bas, conserver plus de blanc (aspect brouillard) afin d’entrer vers le centre. Dans le haut de l’aquarelle, foncer un peu plus ou accentuer les teintes. L’œuvre que vous faites ne doit pas tout dire… elle doit permettre à l’acheteur ou toutes autres personnes d’en faire une interprétation personnelle.

 

3ième étape :

 

Dans ce style d’aquarelle, jamais de gomme arabique et encore moins de la gomme réserve.

 

La gomme arabique va continuer à faire fuir les pigments constamment.

 

Avec l’acétate (The acetate alternative, Dura-Lar TM, wet media film medium weight), déposez-la sur votre papier japonais pour savoir, s’il y a lieu d’ajouter des pigments pour foncer une couleur plus forte. Lorsque l’on fonce un endroit, cela permet de voir, d’accentuer une forme ou de la voir bouger; autrement dit, prendre vie sur le papier. Faire un fondu sur l’acétate avec un pinceau large.

 

Utiliser aussi l’acétate rouge, cela permettra de mettre en évidence les profondeurs des formes ou de bien conserver les blancs. Essayer aussi de mettre cette acétate rouge en dessous du papier japonais, vous aurez aussi d’autres surprises afin de continuer.

 

Pour réparer ce papier, c’est possible.

Utiliser du gesso  avec beaucoup d’eau, déposer une couche très mince de cette peinture blanche. Reprendre un morceau de papier japonais et coller ce papier sur la partie à réparer. Ainsi quand tout est sec, recommencer le travail.

 

1ère partie (Dimanche)

 

 

Monotype : Appliquer de la peinture sur une surface lisse, on prend une feuille pour l’appliquer.

Monoprint : dessin est déjà là sur le fond, comme une technique de gravure.

 

Fabrication de la pâte pour déposer sur le plexiglas :

 

  • 3 cuillères à table de fécule de maïs (rases)
  • Un peu d’eau du lavabo, brasser avec votre doigt pour sentir qu’il n’y a plus de grumeaux et que le tout est dans le style de la crème à 35%.
  • ¾ tasse d’eau très bouillante.

Bien brasser pour que le tout devienne transparent. S’il est encore blanc, c’est qu’il y a eu de l’eau froide.

Cette pâte se conserve quelques jours au réfrigérateur

1.      En partant du monotype, servez-vous d’une vitre ou d’un plexiglas transparent;

 

 

2.      Déposer en dessous un papier blanc pour bien voir les formes;

 

 

3.      Faire une pâte (voir ci-haut) qui va permettre à la couleur d’adhérer.

 

 

4.      Se couper ( papier, eau, pinceau et tirer) un papier japonais de bonne grandeur selon votre goût

 

 

5.      Lorsque tout est en place (plexiglas, papier blanc, papier japonais froissé à son goût  et pâte), préparez les couleurs d’avance entre 2 à 3 couleurs pour débuter; par la suite il est possible d’ajouter d’autres teintes soit pour foncer ou pâlir.

 

 

6.      Avec les doigts, mettre de la pâte sur le plexiglas, la grandeur du papier japonais. Une couche mince suffit.

 

 

7.      Ajouter sur le dessus de la pâte les couleurs des pigments (pas trop liquide) sans frotter. Ne pas s’attarder à faire les détails. Selon la direction du pinceau, cela peut donner des textures différentes. Déposer du foncé dans les teintes afin d’accentuer le dessin.

 

 

8.      Avec le papier japonais froissé sur le côté de la fibre rugueuse (endroit), déposer ce papier sur la pâte/pigments; presser doucement le papier en partant du milieu vers les bords  afin de ramasser les pigments. Ce dessin sera à l’envers sur le papier. Ce processus peut se faire une ou deux fois, pas plus, autrement, c’est presque assuré que les couleurs se saliront. Si on veut ajouter de la couleur, des valeurs, il vaut mieux le faire directement sur le papier Unryu une fois que les couleurs y sont transférées et qu’on aura retourner le travail.

 

 

9.      Par la suite, ajouter de l’encre de Chine noire au besoin, suivre le papier selon les fibres ou le mouvement que le dessin nous inspire ou que les pigments diffusent. Laisser sécher

 

 

2ième partie :

 

 

Préparation de la colle pour fixer l’œuvre sur un papier d’aquarelle :

 

o       1 cuillère à table rase de fécule de maïs

 

o       Diluer avec de l’eau du lavabo avec le doigt (pas de résistance dans le fond du plat)

 

o       Mélanger comme une crème de 35%

 

o       ¾ tasse d’eau bouillante

 

o       Mélanger rapidement comme un sirop

 

o       Il n’y a aucune importance que cette colle soit chaude ou froide

 

 

1.      Sur une table ou une planche très propre, centrer l’œuvre (bon côté) sur une feuille d’aquarelle (attention à ne pas salir cette feuille d’aquarelle)

2.      Délimiter sur la table, (avec du papier collant non transparent), pour centrer l’œuvre.

 

3.      Enlever le papier blanc d’aquarelle sans faire bouger l’œuvre (papier japonais).

 

4.      Vaporiser très légèrement.

 

5.      Avec le pinceau, étendre un peu d’eau, du milieu vers le bord.

 

6.      Faites de même avec la colle : pinceau 2 pouces que vous utilisez en aquarelle. Si votre pinceau a les poils peu doux, ceci déplacera les pigments et certaines teintes paraîtront sales.

 

7.      Mouiller une éponge ou du papier pour enlever la colle autour de l’œuvre.

 

8.      Déposer le papier d’aquarelle sur l’œuvre selon les points délimités sur la table.

 

9.      Presser bien à l’endroit où l’œuvre doit être transférée.

 

10. Relever lentement le papier d’aquarelle, avec un exacto, soulever délicatement la pointe du papier japonais pour que le tout suive bien.

 

11. Tresser les deux papiers sur une planche d’aquarelle ou le plexiglas pour éviter les ondulations. Encadrer avec le papier collant sur la planche en laissant à un endroit un espace pour soulever le papier avec un bout de pinceau. S’il y a trop d’ondulations, humidifier l’envers du papier d’aquarelle et étirer le papier pour le faire sécher.

 

12. Bien sécher un bon 48 heures : + ou -.

 

 

N’oublier pas tous les autres documents que Pierrette Labonté nous a remis.

 

 

Bon succès!

 

 

/MD

 

 

 


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