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L’aquarelle avec
Raynald Murphy SCA
LE GLACIS
GLACIS n.m. Le s ne se prononce
pas, (glassi).
(PEINT.) Mince couche de couleur transparente
que l’on applique sur les couleurs déjà sèches d’un tableau
pour les rendre plus éclatantes. (Multi Dictionnaire de la
langue française)
Le glacis est une technique
qui a été perfectionnée par les premiers peintres à l’huile.
Ils appliquaient de minces couches les unes par-dessus les
autres afin d’atteindre une grande luminosité.*
Le principe du
glacis est que
la lumière passe à travers de minces couches de pigments et
qu’elle rebondit sur la surface blanche du papier afin
d’atteindre l’œil. Alors, c’est important d’utiliser le papier
le plus blanc possible si vous désirez une grande luminosité.
Il va de même pour le choix de pigments. Choisissez les plus
transparents.
Le glacis n’est pas vraiment
une technique spéciale, car c’est la façon normale de
travailler l’aquarelle.
Cette manière de travailler se
prête très bien à l’acrylique car ce médium sèche très
rapidement. Ceci permet d’appliquer de minces couches sans se
préoccuper de sécher la surface. Par contre, contrairement à
l’aquarelle, l’acrylique est permanent, il ne se soulève pas.
Les pigments d’aquarelle, par
contre, peuvent être déplacés si on travaille avec ceux qui ne
tâchent pas. Vous avez, par exemple, le bleu de cobalt, le
rose madder, le bleu céruléum, les cadmiums, les terres, le
jaune auréolin, et bien d’autres qui se soulèvent plus ou
moins bien. Consultez la charte de pigments du manufacturier.
Encore mieux, consultez le guide Wilcox. Ou encore, je peux
vous suggérer de suivre le cours sur la couleur qu’enseigne
Pierre Laplante PAA à son atelier à Laval.
Certains papiers d’aquarelle
se prêtent mieux au soulèvement. Les papiers Lanaquarelle et
Winsor et Newton, en plus d’être très blancs, sont plus
veloutés que le papier d’Arches. Les pigments se soulèvent
assez bien de ceux-ci ainsi que du papier Stratmore gemini. Il
s’agit de faire vos tests ou de consulter une charte.
Alors, la clef du succès,
lorsque vous travaillez par glacis à l’aquarelle est de bien
sécher le papier entre les applications d’eau et de pigments.
C’est aussi un inconvénient, car c’est un long processus de
travailler toute une aquarelle de cette façon. J’ai bien dit,
«Il faut sécher», et non pas, «il faut laisser sécher» à moins
que vous ayez le privilège de pouvoir travailler sur trois ou
quatre aquarelles en même temps. Une façon d’avoir la
certitude que votre papier est suffisamment sec est de
remarquer s’il est revenu à plat. En plus, touchez-le avec
l’endos de votre main, endroit sensible, afin de sentir s’il
est encore froid. Si oui, il est encore humide.
Un autre avantage de cette
approche est que vous bâtissez vos valeurs progressivement.
Alors, vous pouvez plus facilement contrôler et manipuler le
modelage. La nature morte est le motif par excellence pour
cette façon de travailler. Vous avez le motif devant vous,
d’autant plus qu’il est éclairé d’une lumière fixe.
L’apparence d’une aquarelle
travaillée «au glacis» ne donnera pas l’impression d’être
peinte d’un seul geste ou la marque du peintre est apparente.
Il faut faire des choix du «look» qu’on recherche. On ne peut
pas tout avoir d’un seul coup, soit, rapidité d’exécution,
contrôle du modelage, transparence, libre recours à tous les
pigments etc.
* The
Encyclopedia of WATERCOLOR TECHNIQUES, running Press, PA, 1990 |