Cours no3:    Les valeurs - ne pas rester neutre, varier

 

Au troisième cours, Raynald Murphy a permis, grâce à son ingéniosité, à chaque aquarelliste de faire son propre montage.  Tous les participants avaient apporté des objets blancs pour apprendre à mieux voir et rendre les valeurs d'un tableau.
 

Nature morte classique aux œufs -  Étape par étape

 

  • J’ai mouillé ma feuille d’une mince couche d’eau avec une éponge.
  • Ensuite, j’ai déposé ici et là les pigments les plus faibles, soit le rose madder et le jaune indien m’assurant de ne pas en déposer une trop grande quantité sur la partie la plus claire des œufs et des objets.
  • J’ai bien séché avec un séchoir à cheveux.
  • Le processus a été répété trois ou quatre fois sur la feuille entière alternant le placement et le choix de pigments.
  • Afin de retrouver la forme des objets parce que je ne voyais presque plus mes contours au graphite, j’ai contourné ceux-ci d’une mince couche de bleu cobalt étirant le trait du pinceau vers l’extérieur.
  • À cette étape j’ai commencé à modeler les objets un à la fois de cette façon :
    • J’ai mouillé la forme de l’œuf, puis j’ai déposé un peu de pigment, du rose madder vers le bas. J’ai laissé ce pigment se diffuser en gardant ma planche légèrement inclinée.
    • J’ai bien séché. J’ai répété le procédé, cette fois-ci avec du bleu. Ensuite, avec du jaune indien.
    • Le degré d’inclinaison de la planche a contrôlé la direction de la diffusion, soit vers le haut ou vers le bas, de gauche à droite. La quantité de pigment a contrôlé l’intensité.
  • Le drapé a été travaillé une section à la fois de façon plus traditionnelle d’un ou deux lavis d’intensité correcte.
  • J’ai peint le «paysage» sur le vase et sur le coquetier une fois que le modelage a été rendu sur ceux-ci.
  • Pour terminer l’œuvre, j’ai fait du «soulèvement» ici et là et j’ai ajusté les valeurs.
  • L’exécution de l’aquarelle incluant le dessin m’a pris environ huit heures.
 
 

 

 

L’aquarelle avec Raynald Murphy SCA

LE GLACIS

GLACIS n.m. Le s ne se prononce pas, (glassi).

(PEINT.) Mince couche de couleur transparente que l’on applique sur les couleurs déjà sèches d’un tableau pour les rendre  plus éclatantes.  (Multi Dictionnaire de la langue française)

             Le glacis est une technique qui a été perfectionnée par les premiers peintres à l’huile. Ils appliquaient de minces couches les unes par-dessus les autres afin d’atteindre une grande luminosité.*

             Le principe du glacis est que la lumière passe à travers de minces couches de pigments et qu’elle rebondit sur la surface blanche du papier afin d’atteindre l’œil. Alors, c’est important d’utiliser le papier le plus blanc possible si vous désirez une grande luminosité. Il va de même pour le choix de pigments. Choisissez les plus transparents.

             Le glacis n’est pas vraiment une technique spéciale, car c’est la façon normale de travailler l’aquarelle.

             Cette manière de travailler se prête très bien à l’acrylique car ce médium sèche très rapidement. Ceci permet d’appliquer de minces couches sans se préoccuper de sécher la surface. Par contre, contrairement à l’aquarelle, l’acrylique est permanent, il ne se soulève pas.

             Les pigments d’aquarelle, par contre, peuvent être déplacés si on travaille avec ceux qui ne tâchent pas. Vous avez, par exemple, le bleu de cobalt, le rose madder, le bleu céruléum, les cadmiums, les terres, le jaune auréolin, et bien d’autres qui se soulèvent plus ou moins bien. Consultez la charte de pigments du manufacturier. Encore mieux, consultez le guide Wilcox. Ou encore, je peux vous suggérer de suivre le cours sur la couleur qu’enseigne Pierre Laplante PAA à son atelier à Laval.

             Certains papiers d’aquarelle se prêtent mieux au soulèvement. Les papiers Lanaquarelle et Winsor et Newton, en plus d’être très blancs, sont plus veloutés que le papier d’Arches. Les pigments se soulèvent assez bien de ceux-ci ainsi que du papier Stratmore gemini. Il s’agit de faire vos tests ou de consulter une charte.

             Alors, la clef du succès, lorsque vous travaillez par glacis à l’aquarelle est de bien sécher le papier entre les applications d’eau et de pigments. C’est aussi un inconvénient, car c’est un long processus de travailler toute une aquarelle de cette façon. J’ai bien dit, «Il faut sécher», et non pas, «il faut laisser sécher» à moins que vous ayez le privilège de pouvoir travailler sur trois ou quatre aquarelles en même temps. Une façon d’avoir la certitude que votre papier est suffisamment sec est de remarquer s’il est revenu à plat. En plus, touchez-le avec l’endos de votre main, endroit sensible, afin de sentir s’il est encore froid. Si oui, il est encore humide.

             Un autre avantage de cette approche est que vous bâtissez vos valeurs progressivement. Alors, vous pouvez plus facilement contrôler et manipuler le modelage. La nature morte est le motif par excellence pour cette façon de travailler. Vous avez le motif devant vous, d’autant plus qu’il est éclairé d’une lumière fixe.

             L’apparence d’une aquarelle travaillée «au glacis» ne donnera pas l’impression d’être peinte d’un seul geste ou la marque du peintre est apparente. Il faut faire des choix du «look» qu’on recherche. On ne peut pas tout avoir d’un seul coup, soit, rapidité d’exécution, contrôle du modelage, transparence, libre recours à tous les pigments etc.

  * The Encyclopedia of WATERCOLOR TECHNIQUES, running Press, PA, 1990

 

 

 

 

Aquarellistes à l'écoute de Raynald Murphy

 

Les participants à l'oeuvre

     
 

 

Projets et travaux des participants 
 
(il faut noter que les aquarelles représentées ici ne sont pas entièrement terminées.)

 

 

 

 



cours de Raynald Murphy

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