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L’aquarelle avec
Raynald Murphy SCA
La joie de
l’aquarelle - Atelier No 1 sur le motif : la nature morte – à Joliette
– le 19 janvier 2003
Suggestions techniques suite à l’atelier sur les fruits et les légumes
Suite à mes
observations de samedi, je vous offre ces suggestions afin d’améliorer
vos aquarelles. Ces propositions sont le résumé, plus ou moins, des
conseils que j’ai faits à une, à quelques-unes ou à plusieurs
participantes à un moment ou à un autre pendant la journée.
Les pigments :
-
Le jaune et l’orangé
doivent être appliqués, à priori, c’est-à-dire, en premier
sans faute et sans exception, sur le papier d’aquarelle. Ces
pigments ont tendance à rester opaque et terne lorsqu’ils sont
par-dessus un autre pigment sec.
-
De même les terres
ne doivent pas être appliquées par-dessus les autres pigments.
L’exception est la terre de sienne brûlée, et cela doit être fait de
façon très liquide. Si vous voulez foncer une section déjà peinte et
sèche, il est préférable d’appliquer un bleu ou un gris fabriqué
d’un mélange de bleu et d’une touche de brun.
-
L’ocre devient
opaque très facilement, alors appliquez-le sans le mélanger avec un
autre pigment. Appliquez-le avec beaucoup d’eau afin de conserver sa
transparence.
-
Le gris de Payne
est une couleur que j’ai enlevée de ma palette il y a quelques
années. L’inconvénient de cette jolie couleur est qu’elle à tendance
à tacher le papier. De plus, elle est très difficile à soulever.
Aussi, vous risquez de la retrouver un peu partout dans tous vos
tableaux. Les gris composés, tels qu’un mélange de complémentaires
ou d’un mélange de bleu et d’une terre sont plus jolis et ils nous
permettent une gamme de gris beaucoup plus étendue.
Le coup de pinceau :
La marque du peintre est importante. Elle nous indique souvent le
style de l’artiste. D’après-moi, il est préférable de voir celle-ci et
de faire sentir sa direction et son intensité. L’exception, par
contre, serait les sections du tableau qui sont peintes très floues,
mouillées dans mouillées.
À recommander :
-
Tenir le pinceau
plutôt au milieu ou au trois-quarts afin qu’il soit équilibré et
souple et non tenu crispé comme on peut tenir un crayon/stylo entre
l’index et le pouce.
-
Ne pas être tendu.
À tout moment, comme le dit si bien Jacques Hébert, SCA, on doit
être capable de vous enlever le pinceau de votre main lorsque vous
peignez.
-
Le geste. Le coup
de pinceau est un geste issu d’un geste qui part du corps entier,
qui passe par le dos et par la colonne vertébrale pour être transmis
au bras et enfin au bout de la main.
-
Effleurer le papier :
Si vous entendez le son du grattement du pinceau,
c’est que votre pinceau ne contient pas assez d’eau. Vous travaillez
donc trop à sec, peut-être parce que vous travaillez avec des
pigments secs. Lisez plus bas mes suggestions sur ce sujet.
À éviter :
-
Le va et vient :
Comme pour le dessin éviter de revenir (va et vient) sur un coup de
pinceau, sur une partie peinte comme le font ceux qui peinturent
les murs de votre maison !
-
Pinceau imbibé d’eau :
Évitez de revenir dans une section fraîchement peinte avec un
pinceau imbibé d’eau. Vous éviterez les éclaboussures.
-
De frotter le papier :
Le papier d’aquarelle, une fois trempé, est très souple et ses
fibres deviennent facilement détachables. Si vous revenez souvent
(va et vient) sur la même section mouillée, vous risquez de soulever
les fibres. Voilà pourquoi parfois vous retrouvez des morceaux de
fibres étendues sur votre feuille une fois sèche.
Les pigments frais :
D’après moi, il y a avantage à travailler avec des pigments frais qui
sortent du tube. Au moins, essayez de les garder humides, souples et
malléables dans vos cases en laissant une éponge humide dans votre
palette fermée hermétiquement. Vaporisez-les de temps en temps avec de
l’eau et avec un mélange d’eau et de quelques gouttes de glycérine et
un mélange d’eau et de quelques gouttes de gomme arabique. De plus
gardez votre palette dans un sac de plastique entre les sessions de
peinture. Nos maisons sont chaudes et sèches en hiver, alors évitez de
garder votre palette près d’une source de chaleur. Grattez et enlevez
de temps en temps les pigments « morts » qui ont passé des mois ou
même des années sans servir!
Voici les avantages :
-
Vous peignez avec la concentration de pigment
prévue par le manufacturier. Elle est constante. La correcte
proportion de pigment, de gomme arabique et de glycérine est
maintenue. Ceci n’est pas le cas lorsque vous léchez de la glycérine
et de la gomme arabique à chaque fois que vous repassez votre
pinceau sur les blocs de pigments secs.
-
Vous reproduirez des couleurs foncées, claires et
transparentes car vous n’avez pas à y revenir une deuxième ou une
troisième fois. Revenir sur une section risque de soulever le
pigment déjà en place et de le remuer. Ce qui peut en résulter est
une couleur ‘boueuse’ si, en plus d’ajouter du pigment, vous
brossez votre papier et vous abîmez la surface du papier.
-
Le pigment retient sa couleur et il n’est pas
sali ou contaminé par d’autres pigments qui se sont ajoutés par un
pinceau contenant d’autres pigments.
-
Vous pouvez plus facilement travailler avec des
mélanges juteux de pigments de concentration juste et les laisser
s’entremêler sur la feuille.
-
Vous ne perdez pas de temps à trouver la bonne
concentration de pigment. Lorsque vous frottez dans vos godets secs
le temps s’écoule. Le papier d’aquarelle continue à sécher et vous
perdez un temps précieux.
-
Vous pouvez trouver la valeur exacte plus
facilement du premier coup.
-
Vos pinceaux durent plus longtemps et vous
économisez.
-
Si vous planifiez quelles couleurs vous allez
utiliser pour rendre le sujet et que vous n’ajoutez que celles-ci
dans les cases de votre palette par additions graduelles, vous ferez
encore des économies.
19/01/03 |