Atelier de Roland
Palmaerts, SCA |
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La Joie de l'Aquarelle dans Lanaudière Témoignage Année 2002 |
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Journée Palmaerts au Lac Stevens 8 juin 2002 par Pierre Robert
Ce matin, nous allons recevoir Roland Palmaerts. Côté météo, on annonce nuageux avec avec averses isolées ce matin et averses dispersées cet après-midi. Vents légers de 10 à 15 kilomètres et un maximum de 24 degrés. «Ennuagement le matin suivi de 70% de probabilité d'averses. Risque d'orages en début de soirée. Max près de 24. Vents du sud-ouest de 15 à 30 km/h. Indice ultraviolet de 4 ou modéré ». Avec un temps pareil, le pire ennemi le 8 juin, c’est les moustiques. Nous aurons droit aux deux moustiques : les mouches noires (les brûlots) et les maringouins.
Nous allons peindre sur le motif, à l’extérieur. Nous ferons quelques feux et la boucane va chasser les moustiques. Palmaerts n’est pas venu visiter les lieux. Je lui ai demandé ce qu’il aimerait peindre. Il m’a simplement dit qu’il peindra ce que nous allons lui demander de peindre… J’ai bien hâte de voir ça. J’ai fait installer un « décors ». Un vieux tombreau, une brouette rouge… avec plein de fleurs. C’est bien beau, mais on ne sait jamais !
Tantôt, vers six heures, nous allons monter la tente et les tables. Je vais partir les feux. Nous allons installer le déjeuner et mettre en étalage tous les produits anti-moustiques trouvés sur le marché. En cas… nous allons installer les tables à l’intérieur de l’atelier. S’il y a trop de moustiques ou si l’orage…
On dit que Palmaerts est un homme très charmant. C’est ce que les femmes disent. Il serait galant et poli. Il a beaucoup de talent. J’ai une belle aquarelle de lui et j’ai vu beaucoup de ses œuvres. C’est toujours plein de couleurs et très passionné. On dit qu’il se déplace rarement sans sa femme qui fait aussi de l’aquarelle.
Il doit y avoir 27 participants. C’est un succès. Rares sont les endroits qui peuvent réunir autant d’aquarellistes amateurs pour un atelier. La plupart sont des habitués de nos activités. Un bon public. Sur le lot, il n’y a que quatre hommes. Espérons que le charme-Palmaerts va réussir à nous toucher nous aussi.
Les gens vont arriver un peu après huit heures. Danielle a préparé un bon petit déjeuner : brioches, rôties… Nous aimons bien recevoir. Tout sera installé sous l’auvent. Là encore, il y a les bibittes… Pour le midi, notre participation au lunch communautaire, c’est des hot-dog. J’ai un bon vin et la journée devrait bien se passer.
Les jardins sont propres. Nous avons passé partout. Les jardinières sont installées. Les plantes aquatiques ornent l’étang. Nous sommes prêts à recevoir la visite.
Côté aquarelle, j’ai un peu triché. J’ai fait des photos de mes décors et j’ai préparé une aquarelle au crayon. Il me reste la couleur à faire. Il faut comprendre que, durant ces journées d’atelier, je n’ai pas toujours le temps de faire beaucoup d’aquarelle. J’ai la tête ailleurs, je vois au confort de chacun… Je me suis donc préparé. Je sortirai ma planche discrètement.
J’espère que tout va bien se dérouler !
Roland Palmaerts est arrivé de bonne heure. Il était le premier, vers 8 heures et 20. C’est toujours apaisant pour l’organisateur de l’atelier de voir arriver l’artiste. Palmaerts est très calme. Je lui fais faire le tour des lieux. Je lui montre mon décor… Il semble trouver tout ça très beau et il ne fait aucun commentaire. Sa femme n’a pas pu venir, ils reçoivent des invités le soir même à Wentmorth nord. Ç’est quand même un bon deux heures d’automobile.
Puis les gens arrivent. La gaieté est dans l’air. Mais, plus le monde arrive, plus le vent se lève et plus il fait froid. Café et brioche. On se dirige vers le chapiteau et Palmaerts débute sa démonstration. Il fait très froid et Danielle apporte une pile de chandails. La tente est installée devant les décors. Palmaerts règle la question du décor en peignant la charrette en trois coups de pinceaux. J’ai un petit pincement au cœur… Ça m’avait quand pris beaucoup d’énergie… Puis, Palmaerts se lance dans ses taches. Il est le Jean-Marc Chaput de l’aquarelle. Il parle et je le découvre. Je connaissais son talent, mais j’ignorais totalement qui était l’homme. Il est envoûtant et peu à peu, j’en oublie le décor. Je réalise qu’on a notre propre décor intérieur et que c’est ce décor qu’il faut regarder et peindre. Une espèce de : il faut se laisser aller. Le lavis de la vie. On est fonceur et on applique du foncé. On planifie son travail, sinon on développe son échec. Et les formes : le carré est dans le rond et le triangle doit être partout. Le carré est la stabilité et l’immobilité. Le triangle est la vie et le mouvement.
Je me suis dit qu’il ne fallait vraiment pas que je sois carré et vite, je deviens triangle et je m’adapte. C’est ma journée d’aquarelle et je dois profiter au maximum de la présence de ce géant talentueux. Dans le passé, j’avais été lourdement frappé par Jean-Marc Chaput, le motivologue. « T’es capable » avait-il lancé partout au Québec sur les ondes de la radio (dans mon ancienne vie).
Bien sûr, Roland Palmaerts a développé un langage de motivation. Des jeux de mots qui vont parfois jusqu’au cliché. Mais les mots sont martelés et ils finissent par frapper. C’est vrai qu’il ne faut passer notre temps à effacer d’une main ce que l’on peint de l’autre. Il faut oser. Jean-Marc nous disait qu’il ne faut pas regarder la parade, mais être dans la parade.
Roland Palmaerts est généreux de ses paroles qu’il prononce bien, mais aussi de son talent, de son temps, de ses conseils… Il a fait trois démos. Il a fait le tour de tous les aquarellistes et il a su aller chercher l’âme de chacun. Il sait toucher les cordes sensibles. Ce fut une belle journée malgré le froid et les moustiques. Les 25 participants repartent heureux et pleins de confiance.
Parmi les révélations de la journée : ma femme Danielle qui a fait sa première aquarelle avec l’aide de Johanne Jean. Elle a osé !
Merci Roland. Merci à tous et à la prochaine !
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