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UNE CRISE D'IMAGINATION |
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On dit que les Latins brillent surtout par leur imagination. Ceux qui le croient n'ont jamais assisté à la projection des diapositives soumises à des concours de peinture au Québec. J'ai eu ce "grand" bonheur de voir toutes les soumissions à tous les Salons de l'aquarelle. J'y ai vu des cabanes à sucre, des granges, Charlevoix et une armée de pauvres personnages anatomiquement infirmes à des centaines d'exemplaires. J'en ai discuté avec plusieurs des coupables. Réponse: "II n'y a rien à peindre ici." Voici des suggestions. Je n'ai encore rien vu ou très peu vu de la grosse industrie, de la machinerie, de la métallurgie, du transport, de l'histoire, de la construction, des voyages, de la navigation, des mines, du marché, du cirque, de la chasse, de la pêche, des industries du vêtement, du pétrole, de l'automobile, de la circulation, de la température, des courses, de la poste, du papier, de l'adolescence, de l'âge d'or, du monde du bébé, des ethnies, du bal, des sports, du jardinage, des religions, du folklore, des personnages importants, des foules, de la politique, des images en microscope, des très gros plans, des insectes, des reptiles, des boîtes à outils, des paniers à coudre, des armes, des jeux, des arts, des chambres à débarras, des cuisines, des ateliers, des hangars, des garages, des caves, des accessoires d'entretien, de la joie, de la peine, de la richesse, de la misère, de la guerre, etc. . . etc . . . etc . . .
Allez les Latins, un peu de brasse‑méninges!
L'aquarelliste, octobre 1991 |
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